Solutions SaaS : quel avenir pour les acteurs européens ?

Parmi la myriade d’acteurs qui se partagent le marché français des solutions Software-as-a-Service (SaaS), seule une douzaine génère un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros. Acteurs nord-américains, géants du web et pure players trustent plus de la moitié du top 10 des éditeurs SaaS. Les places restantes sont occupées par les entreprises européennes.

Dominés par des mastodontes en forte croissance, les éditeurs européens manqueraient-ils donc de perspectives ? Ce serait occulter le pan expert et spécialisé de l’activité SaaS, dit vertical : en jouant sur le développement d’écosystèmes locaux, les éditeurs européens ont toutes les cartes en main pour pousser leur avantage.

Un marché en forte croissance

Entre 2016 et 2019, le marché européen du SaaS a été marqué par une croissance moyenne de 6% par an. 2020 n’a pas démenti le succès du modèle, bien au contraire. La crise sanitaire a même joué un rôle d’accélérateur de tendance : la Covid-19 a incité 43% des entreprises à accélérer l’adoption de solutions SaaS. Avec 12,5% des parts de marché du secteur, la France occupe le 3e rang européen. Plus précisément, le marché français est composé à 65% de solutions de management de l’information et de gestion des processus internes. Sont principalement concernés la gestion de projet, le management de la relation client ou encore la gestion des ressources humaines.

Les raisons d’un tel engouement sont à chercher dans la pertinence des réponses que les solutions SaaS, et plus généralement le cloud computing, apportent aux problématiques de transformation digitale des organisations. Basé sur un abonnement et une distribution depuis Internet, le modèle SaaS a ainsi dépassé les performances des logiciels on-premise, hébergés et gérés par les entreprises elles-mêmes. 

Parmi les principaux points forts du mode SaaS : l’absence d’investissement lourd en amont – le tarif varie en fonction des ressources et fonctionnalités utilisées, ainsi que du nombre d’utilisateurs. Multi-sites par excellence, le SaaS répond aussi aux besoins de flexibilité des entreprises : elles bénéficient directement, et quasi instantanément, des enrichissements proposés par l’éditeur. L’adoption de solutions SaaS permet, enfin, de s’affranchir des contraintes de maintenance, d’installation et d’hébergement, offrant ainsi aux organisations clientes gain de temps, réduction des coûts et optimisation de la maîtrise de leur budget.

SaaS horizontal : un leadership extra-européen

Le marché du SaaS horizontal, ou généraliste, est aujourd’hui dominé par des entreprises non européennes. Ces dernières ont bâti leur succès sur des solutions support, conçues pour répondre aux besoins transverses des entreprises : messagerie, visioconférence, CRM, gestion des ressources humaines, du budget ou encore de la trésorerie.

Les offres des leaders du SaaS horizontal capitalisent donc sur les besoins communs des entreprises, quel que soit leur secteur d’activité. Faciles à utiliser et à maintenir, ces solutions ne proposent en revanche que des options de personnalisation limitées. Marché entièrement dominé par des entreprises comme Google, qui a su élargir son champ de compétence, mais aussi par plusieurs pure players du SaaS. La taille de leur marché intérieur gigantesque en font des références mondiales.

Le SaaS vertical, une opportunité pour les éditeurs européens

Dans ce contexte de domination extra-européenne, voire nord-américaine, quelles perspectives de développement les acteurs européens du SaaS peuvent-ils entrevoir ? Le fait est que, si le segment des éditeurs européens est fragmenté, il n’en est pas moins dynamique. Dans l’Hexagone, on dénombrerait même plus de 200 sociétés éditrices de SaaS. Le segment vertical – de niche – semble constituer pour ces éditeurs une piste intéressante.  La promesse des SaaS verticaux ? Gérer les besoins d’un secteur d’activité spécifique : par exemple des logiciels de gestion financière pour la banque-assurance ou de traitement des dossiers médicaux électroniques dans le secteur de la santé. Si l’hétérogénéité et la multitude des acteurs européens représentent un frein à une conquête européenne ou internationale horizontale, cet état de fait correspond en revanche à une autre réalité du marché : la multiplicité des attentes des entreprises.

Dans ces conditions, le SaaS vertical pourrait incarner le succès à venir des acteurs européens spécialisés dans l’ultra-personnalisation, et prêts à répondre aux besoins spécifiques de secteurs en recherche constante d’agilité – en gardant toujours à l’esprit que la fragmentation propre à ce marché (diversité de langues, cultures et réglementations) impose aux prétendants de démultiplier leurs efforts marketing et commerciaux. Mais en s’appuyant sur leurs expertises de sectorielles et leur capacité d’innovation, les entreprises européennes du SaaS ont ici une carte maîtresse à jouer, en particulier dans des domaines dans lesquels elles sont déjà implantées tels que la Fintech, la santé ou l’assurance.

Et il va sans dire que les éditeurs européens détiennent également un atout majeur en matière de sécurité et protection des données : elles ne sont pas soumises, contrairement à d’autres acteurs étrangers, à l’application de lois extraterritoriales de type Cloud Act. Pour autant, impossible d’avancer seul : pour prospérer sur ce marché vertical, les éditeurs devront fortement s’impliquer dans le développement d’écosystèmes européens.

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