Renault reconstruit ses espaces de travail grâce à l’IoT

Chez Renault, l’IoT ne sert pas qu’à connecter les véhicules, il redéfinit aussi les espaces de travail. Le constructeur automobile français, qui a vendu une partie de son Technocentre de Guyancourt – son centre de R&D dans les Yvelines, profite de sa réorganisation pour optimiser les environnements de travail et s’assurer que ces derniers répondent aux attentes des occupants. Un accord sur le télétravail a été officiellement annoncé ce 18 juin, il doit permettre au groupe de réaliser des économies sur son immobilier. L’IoT servira dans ce cadre à chiffrer concrètement l’occupation de l’espace pour gérer le télétravail, dimensionner les configurations de flex office et dégager du ROI des bâtiments, par l’optimisation de leurs consommations énergétiques notamment.  

Le groupe a choisi de s’appuyer sur les solutions d’Insiteo, éditeur toulousain spécialisé dans l’optimisation des environnements de travail et la fourniture de services numériques aux résidents, à l’œuvre depuis septembre 2020. Les équipes d’Insiteo se sont d’abord basées sur les sources de mesure existantes dans la gestion technique de bâtiment (GTB) pour récupérer des données. “Nous avons découvert que les luminaires déployés par Renault avaient la capacité de détecter les présences grâce à un capteur d’occupation qui les fait s’allumer”, raconte Matthieu Mandagot, directeur des opérations. Près de 600 capteurs connectés au réseau LoRa de Renault ont ensuite été ajoutés pour compléter les dispositifs, par exemple des capteurs de CO2 pour garantir la qualité de l’air ou de stationnement pour gérer les emplacements dans le parking, ainsi qu’un maillage de beacons en Bluetooth pour la géolocalisation indoor. Deux sites ont été équipés au cours du dernier trimestre 2020 et les efforts se sont focalisés en 2021 sur le Technocentre et deux autres sites. Au total, six sites seront équipés en région parisienne, soient 2 300 salles de réunion et 24 000 postes de travail sur une surface de 350 000 mètres carrés.

2 300 salles de réunion sont équipées. © Insiteo

A leur retour en septembre prochain, les salariés se verront dotés de l’application mobile fournie par Insiteo pour réserver leur salle de réunion et vérifier en temps réel leur disponibilité, les équipements disponibles à l’intérieur, savoir si elles ont été nettoyées et quelle en est la qualité de l’air. Les prestataires (entretien, nettoyage, etc.) auront également leur application pour gérer leurs actions, géolocaliser des équipements ou être guidés jusqu’à leur lieu d’intervention. Tout comme les visiteurs, qui pourront être guidés sur le site du Technocentre jusqu’à leur lieu de rendez-vous grâce aux plans 3D.

Ce projet d’envergure n’a mobilisé côté Renault que trois personnes. “La seule difficulté dans ce genre de projet tient dans le fait que cela fait intervenir plusieurs services qui ne se parlent pas. Généralement, cela ralentit les déploiements. Heureusement, chez Renault, les services se sont immédiatement accordés”, relate Georges-Etienne Madamet, directeur commercial d’Insiteo. Côté technique, il est par ailleurs essentiel pour l’éditeur de bien définir des règles de nommage afin d’établir les cartographies de géolocalisation.

Apporter de nouveaux services et du confort

Côté utilisateur, les principales questions des clients d’Insiteo portent sur l’acceptation du flex office. “Beaucoup s’inquiètent de la manière d’effectuer la remontée d’informations s’ils n’ont pas de poste fixe (par exemple en cas de souci informatique, ndlr). Il faut donc veiller à faciliter cette remontée d’informations sur l’application mobile. Par ailleurs, l’une des clés d’adoption du flex office est d’apporter du confort et des services supplémentaires, avec la création d’une conciergerie” intégrée là aussi à l’appli, cite en illustration Georges-Etienne Madamet, rappelant que si le cahier des charges est souvent restreint au début des projets qu’il accompagne, celui-ci s’étoffe au fur et à mesure selon les besoins. Le retour des quelque 30 000 salariés de Renault en septembre permettra d’effectuer des ajustements.

Le coût du projet reste confidentiel, Georges-Etienne Madamet rappelle toutefois qu’il faut prendre en compte l’abonnement à la plateforme en mode SaaS et le déploiement de capteurs. “L’ordre de grandeur du coût de la plateforme est de 2 à 3% de l’économie substantielle des surfaces.” La maintenance des équipements est quant à elle assurée par Insiteo dans ses services de device management.

La crise sanitaire a accéléré le passage au flex office. “Les entreprises se rendent compte que le bureau doit devenir un complément au travail à la maison. Jusqu’à présent, les espaces étaient divisés entre 60% de bureaux et 40% de salles de réunion. Désormais quand on revient au bureau, c’est pour des réunions, beaucoup se fixent septembre comme échéances pour se transformer”, souligne Georges-Etienne Madamet, qui a mené des projets chez Bouygues Energie Services, Groupama ou encore SNCF Fret.

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