Quentin Reygrobellet (Blissim) : “En moins d’un an, Beauty Story a vendu 12 000 produits grâce aux data de Blissim”

JDN. Quelle est la genèse de votre studio de création Beauty Story ?

Quentin Reygrobellet, co-fondateur et président de Blissim. © Blissim

Quentin Reygrobellet. Depuis le lancement de JolieBox, Beauty Story est notre projet le plus ambitieux. Nous sommes partis d’un constat assez simple : les consommatrices sont à la recherche de produits de plus en plus clean, toujours plus efficaces qui prendront place dans leur routine beauté. Les femmes sont de plus en plus aptes à découvrir de nouvelles tendances et de nouveaux produits. Grâce à Blissim, nous avons accumulé un certain nombre de datas au fil des années, ce qui nous permet d’identifier les manques et les besoins auxquels le marché ne répond pas. Depuis le lancement de Beauty Story il y a moins d’un an, nous avons vendu 12 000 produits. 

Que révèlent vos data sur les attentes de vos consommatrices ?

Que ce soient des produits mal attribués ou des retours produits réguliers sur une catégorie de produits en particulier, notre data est édifiante sur les comportements d’achat. Nous identifions les besoins en matière de peau et de cheveux et nous fabriquons ainsi des produits adéquats en collaboration avec une vingtaine de laboratoires français et européens. Qu’il s’agisse de la forme galénique, du parfum, de la couleur et de la contenance du packaging, toutes ces informations seront automatisées grâce à notre data. 

Quelle est l’organisation interne de Beauty Story ?

Nous disposons d’une partie consacrée à la data et au développement produit, dédiée à l’innovation. Par exemple, notre data nous indique quelle est la contenance parfaite pour un masque purifiant. La partie marketing développement et créativité se concentre sur l’histoire et les valeurs des marques à base de visuels et vidéos notamment. La partie commerciale est également importante car Beauty Story est une société indépendante de Blissim avec des équipes différentes. Bien sûr, Beauty Story se base sur la data et les actifs de la société sœur qui est Blissim mais les marques de Beauty Story ont vocation à être le plus accessibles possible. Nous avons signé jusqu’à maintenant dix partenariats commerciaux, dont Nocibé, Monoprix, Amazon mais aussi avec des retailers étrangers. Nous sommes également en discussion avec des chaînes de pharmacies. Par ailleurs, 90% des produits issus de Beauty Story seront testés dans les box mensuelles Blissim. 

Morning Street, Imparfaite, Speciology et Glime sont les premières marques de Beauty Story sur un marché déjà très concurrentiel. Quelle est la valeur ajoutée de ce studio de création ?

La data constitue notre pilier pour réaliser des produits écoresponsables. Le sérum de la marque Imparfaite est aujourd’hui le produit le plus vendu sur notre site dans la catégorie skincare. Bien sûr, la data ne suffit pas à créer une marque et nous misons sur la créativité. En cosmétique, cela implique de savoir captiver la consommatrice par l’histoire et les valeurs de la marque. Imparfaite est un bon exemple car les consommatrices comprennent tout de suite ce qu’il y a derrière, notamment le sujet de l’inclusivité. Cela peut sembler contre-intuitif de penser la beauté dans son imperfection, or toute la créativité que l’on va apporter fait justement la différence. Notre objectif est de partir de la data pour la connecter ensuite à notre studio créatif interne. Notre force repose aussi sur notre capacité à tester rapidement un produit et de le mettre sur le marché. En huit mois, nous sommes en mesure d’identifier le besoin, y répondre grâce à notre data, créer une histoire de marque basée sur des valeurs solides et les mettre directement dans les mains de la consommatrice de manière à avoir très rapidement son retour qualitatif. 

Dans quelle mesure l’approche de Beauty Story a-t-elle été influencée par celle des DNVB ?

Nativement, Blissim nourrit cette approche direct to consumer. Nous avons la chance de nous adresser à quatre millions de femmes intéressées par les produits de beauté. Nous sommes convaincus que la beauté ne peut pas uniquement être digitale mais doit aussi être présente offline. C’est la raison pour laquelle les produits des marques issus de Beauty Story seront présents à la fois sur leur site en propre, sur Blissim, sur les sites de nos partenaires et en offline chez nos partenaires. Notre volonté est de proposer des marques digitales accessibles proches de leur communauté mais qui doivent absolument évoluer en offline. 

Quels sont les objectifs de Beauty Story à court et moyen terme ?

Nous avons déjà lancé quatre marques et nous en lancerons trois autres entre septembre et décembre. Pour le moment, nous sommes très satisfaits. La marque capillaire Morning Street a été la première que nous avons lancée. Les produits de la deuxième gamme seront présents dans la box de juin. La marque Imparfaite est celle qui fonctionne le mieux en termes de ventes et notamment chez les retailers comme Nocibé. Au mois de juillet, nous lancerons la marque Speciology, beaucoup plus technique et professionnelle autour du shampoing et de l’après-shampoing. Nous n’avons pas d’objectif chiffré de marques, notre but est de créer entre trois et cinq produits par marque. Si le succès est au rendez-vous, nous développerons davantage de marques. Notre objectif est de devenir un véritable groupe de marques.

Quentin Reygrobellet est diplômé de l’EM Lyon et de l’Université Paris-Dauphine. Il a débuté chez Société Générale Corporate Investment Banking, avant de cofonder JolieBox en 2011. Il a participé à son déploiement rapide en Europe (en Angleterre en 2011, en Espagne en 2012), puis au rachat de JolieBox par Birchbox fin 2012 en tant que directeur commercial Europe. Birchbox France a repris son indépendance début 2020 et a changé d’identité pour devenir Blissim. Quentin Reygrobellet est président et cofondateur de Blissim.

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