L’établissement de crédit Younited lève 170 millions de dollars

Après les frayeurs du premier confinement et la chute des octrois de prêts, le redémarrage de l’activité se confirme pour l’établissement de crédit français Younited qui a accordé pour 720 millions d’euros de crédits en 2020. Et pour accompagner sa croissance, l’entreprise annonce ce 8 juillet une levée de fonds de 170 millions de dollars auprès de Goldman Sachs et Bridgepoint, deux nouveaux actionnaires de la fintech. Ce tour de table porte à 400 millions de dollars le montant levé par Younited depuis sa création en 2009. Une dynamique qui semble reposer sur les bases solides de l’entreprise. “Nous avons octroyé 2,6 milliards d’euros depuis le début, ça représente 500 000 crédits”, justifie son CEO Charles Egly. Pour l’année 2021, Younited prévoit même d’octroyer un total de 1,4 milliard d’euros de crédit, soit plus du double des crédits cumulés jusqu’à aujourd’hui.

Avec sa nouvelle levée de fonds, l’établissement veut recruter 200 collaborateurs d’ici la fin de l’année 2022 (ils sont 450 aujourd’hui). Les futurs salariés seront principalement des ingénieurs et des développeurs pour améliorer les outils de scoring et d’open-banking de l’entreprise. Les crédits à la consommation sont le cœur de métier de Younited. Mais depuis 2018, l’entreprise compte sur sa stratégie BtoB pour accélérer sa croissance. Grâce au banking-as-a-service, elle propose à des entreprises tierces d’utiliser ses services de crédit. “Certaines s’appuient sur nous pour rattraper leur retard, comme N26 ou HSBC”, explique fièrement Charles Egly. Selon lui, la branche BtoB de Younited représentera 30% de ses revenus en 2021 et 50% en 2023. L’établissement de crédit se transforme peu à peu en plateforme intégrable, avec des clients aussi importants que Free pour le paiement en plusieurs fois de la Freebox Delta (Xavier Niel est présent au capital de Younited), Microsoft ou les revendeurs agréés d’Apple.

Lydia, Fortuneo ou Orange Bank… Les partenariats continuent de s’enchaîner pour Younited. Si cette activité en plein développement n’est pas encore profitable, Charles Egly assure qu’elle le sera à terme. “Par contre, nous sommes rentables sur nos activités historiques de BtoC en France et en Italie. Et on le sera bientôt en Espagne et au Portugal”, balance-t-il.

“Nous allons faire des facilités de paiement sur 1 à 18 mois”

Des petits crédits sans frais

Le tour de table intervient en amont du lancement d’une nouvelle offre baptisée Younited Pay. “Nous allons faire des facilités de paiement sur 1 à 18 mois sous la forme d’un crédit à la consommation”, annonce le dirigeant. Le lancement du service devrait avoir lieu en septembre ou octobre de cette année, à la fois en ligne, mais aussi dans les boutiques partenaires. Ce produit visera à concurrencer directement l’acteur suédois de paiement fractionné Klarna, dont l’arrivée sur le marché français est très récente. Sur ce point, Charles Egly veut être direct : “Ça va être la même chose que ce qu’on fait pour Free ou Microsoft, mais sur des durées de remboursement très courtes, comme ce que fait Klarna.”

Reste la question du financement de cette offre. Elle sera totalement gratuite pour les commerçants, comme pour les consommateurs. “Ce sera un produit d’appel (vers les autres solutions de crédit de Younited, ndlr)”, précise-t-il. Chaque transaction sur une plateforme partenaire mettra en avant la marque. Une nouvelle offre pour couper l’herbe sous le pied de Klarna. Stratégiquement, rien n’exclut que Younited impose à l’avenir des commissions sur ces crédits une fois solidement installé sur le marché. Une hypothèse probable pour rendre l’activité rentable.

Le risque du surendettement

Les fintech du crédit ont le vent en poupe cette année, en témoignent les levées de fonds de Bling, Klarna ou Mansa dernièrement. Et Younited ne fait pas exception à la règle. L’entreprise contribue, avec les autres acteurs du marché, à rendre plus facile et transparent l’accès aux petits crédits. Quid des projets de durcissement des octrois de crédits en France avec la mission confiée au député Philippe Chassaing et la révision de la directive européenne sur les crédits à la consommation. Charles Egly ne veut pas être associé à ses concurrents, dont les offres de micro-crédits interrogent les régulateurs, et s’octroie le crédit de la bonne pratique commerciale. “Contrairement à Oney, même pour le plus petit montant, on fait un contrat de crédit à la consommation”, lance-t-il. Une pique qui ne plaira pas à son CEO Jean-Pierre Viboud. Il expliquait ainsi le 30 juin au JDN se différencier des entreprises de micro-prêts du fait de son statut d’établissement de crédit.

Une petite guerre de communication dans ce marché très concurrentiel qui fait débat sur le risque de surendettement des ménages précaires dans un contexte de crise économique. Et les acteurs déjà installés comme Younited doivent se montrer réactifs face aux offres alléchantes de micro-crédits proposées ailleurs.

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